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Développement de la filière riz : contraintes et potentialités

Contraintes

Les contraintes au développement de la filière riz en AOC sont, par ordre d’importance, commerciales, techniques et foncières.

Contraintes commerciales

Dans le domaine des échanges commerciaux, les contraintes au développement de la filière ont pour noms : l’absence de mesures qui renforcent la compétitivité du riz local par rapport au riz importé ; l’irrégularité et la rupture des stocks au niveau des marchés des grandes villes ; l’absence d’une politique de marketing et de promotion du riz local ; la mauvaise organisation des acteurs de la filière et la faiblesse des opérateurs du secteur privé trop faible pour mettre en place une filière post-récolte ; le manque d’infrastructures routières, ferroviaires et maritimes au niveau de la région pour permettre une commercialisation efficace de la production ; l’absence de protection du riz local entraînant des difficultés de commercialisation face à la concurrence du riz importé plus compétitif.

Contraintes techniques

Les difficultés techniques sont relatives à l’absence dans certains pays d’un système de recherche/développement efficace permettant l’adoption des innovations technologiques (semences certifiées, engrais et pesticides de qualité, machines agricoles, etc.) ; aux réalités locales, notamment dans le domaine de la mécanisation.

On relève aussi la faiblesse des moyens des services de vulgarisation et systèmes semenciers nationaux, pour la prise en charge de la diffusion à grande échelle des semences des nouvelles variétés performantes.

Les dégâts dus à certaines maladies comme la pyriculariose et la panachure jaune du riz du fait de l’absence d’interventions appropriées des services phytosanitaires constituent aussi des contraintes importantes.

L’insuffisance des équipements, en particulier pour les opérations post-récolte,est la cause dans la plupart des pays , de la mauvaise qualité du riz local décortiqué avec ses impuretés qui en déprécient sa valeur.

Autres contraintes

La précarité ou les limites de certains régimes fonciers pour la sécurisation des investissements, la baisse de la fertilité des sols, la salinisation et l’acidification de certaines terres dans certains pays, sont les principales contraintes foncières au développement de la filière.

A ces contraintes, viennent s’ajouter : les difficultés liées à l’accès au crédit d’équipement, de campagne et de commercialisation et les contraintes climatiques telles que la sécheresse (dans certains pays du Sahel), l’irrégularité de la pluviométrie, etc.

Atouts et potentialités

En AOC, l’activité rizicole assure la sécurité alimentaire à près de 100 millions de personnes et, constitue une source précieuse d’emploi, de revenus et de nutrition. Selon la FAO, l’amélioration de la productivité des systèmes rizicoles entraînerait l’élimination de la faim et garantirait la sécurité alimentaire et le développement économique au niveau national.

La nutrition peut être améliorée par le biais de techniques améliorées de traitement et de cuisson, l’utilisation de variétés d’une valeur nutritive élevée, et l’enrichissement du riz grâce à l’ajout de vitamines et de matières minérales (par l’introduction des technologies alimentaires).

Sur le plan de l’agro-biodiversité, les systèmes de production rizicole s’accordent bien avec d’autres secteurs agricoles comme la pisciculture et l’élevage de canard sur les rizières engorgées, l’alimentation du bétail en paille de riz, etc.

Trois opportunités majeures s’offrent au développement de la filière riz dans la zone CMA/AOC : la demande élevée, l’ouverture des marchés régionaux et l’existence de nouvelles variétés performantes.

Niveau élevé de la demande

La croissance de la demande de riz en AOC, de l’ordre de 6 % par an, est la plus élevée au monde. En raison de la forte croissance démographique et du fait que le riz est de plus en plus consommé, surtout dans les centres urbains, ce taux va se maintenir, sinon augmenter pour offrir des débouchés sûrs à une production locale compétitive.

Ouverture des marchés régionaux

Les pays de l’AOC appartiennent à de grandes régions au sein desquelles les échanges régionaux sont traditionnellement importants. Ces pays initient depuis longtemps la promotion des échanges régionaux via la mise en place d’Accords régionaux, de zones de libre échange ou d’Unions régionales (UEMOA, CEMAC par exemple). L’ouverture des marchés régionaux est une opportunité pour les grands producteurs de riz d’approvisionner les autres pays.

Existence de nouvelles variétés performantes

Parmi les nouvelles variétés de riz cultivées en AOC, figure le Nouveau riz pour l’Afrique (NERICA). Il a été mis au point par des phytogénéticiens du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale et résulte du croisement de variétés africaines et asiatiques. Le NERICA présente de multiples avantages : cycle de croissance court, résistance aux plantes nuisibles et aux déprédateurs, tolérance à la sécheresse, bon goût, etc.

Du fait de ces atouts, les NERICA ont un énorme potentiel d’impact économique pour :
-  l’alimentation des producteurs de subsistance ;
-  la génération de surplus de production ;
-  l’amélioration des revenus et de la consommation ;
-  la réduction des importations et l’économie de devises

Publié le mercredi 5 mai 2010.