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Systèmes de production du riz
La situation du riz dans les départements du Mono-Couffo
La riziculture a longtemps occupé une place importante dans les Départements du Mono et du Couffo.
La situation actuelle de la riziculture dans le Mono/Couffo est celle d’une filière à haut potentiel agronomique extrêmement sous-exploitée. En effet, la région dispose d’un potentiel estimé à 27 000 ha des plaines inondables et de 20 000 ha de bas-fonds et des avals de puits artésiens propices à la riziculture. De plus, avec la crise alimentaire, les contraintes foncières ont amené les producteurs à s’orienter vers l’exploitation des bas-fonds pour la production riz.
Malgré cet important potentiel rizicole, le Mono- Couffo contribue encore faiblement à la production rizicole nationale de l’ordre de 5 à 6 %) lorsqu’on observe l’évolution des dernières campagnes. A noter que la production nationale de riz a plus que triplé en moins de 10 ans depuis 2000.
Les tentatives précédentes de développement de cette filière riz se sont heurtées à de nombreux problèmes. La taille trop grande et très coûteuse des aménagements, l’échec des grands périmètres irrigués, la complexité de la gestion collective, ont été les facteurs limitant de cette approche de promotion de la filière. Un exemple éloquent est le cas de la coopérative de Dévé (Dogbo), où les infrastructures sont sous-employées et les équipements abandonnés.
Les statistiques existante dans le domaine montre l’évolution de la production du sud-Bénin de 1994 à 2000 et la part du Mono-Couffo dans cet ensemble. L’analyse de ce tableau permet de dire que la part du Mono-Couffo a décru de 4,1% en 1994 Jusqu’à 1,7% en 2000.
Au vue de cette expérience non concluante, une nouvelle approche est mise en œuvre ; celle de la promotion des aménagements de taille modeste peu coûteux, gérables de façon autonome et reproductibles par les producteurs d’une part et la promotion de l’irrigation privée d’autre part.
Evolution de la production nationale et du Mono-Couffo
Selon (HOUNHOUIGAN, 2006), Les besoins nationaux en riz sont couverts à 70% par les importations et la production nationale ne couvre que 30% des besoins. Au vue du tonnage obtenu en 2007 et si cette tendance se maintient les années suivantes, on peut affirmer qu’on s’achemine vers une meilleure satisfaction des besoins par la production nationale.
Avec ses 150 ha de surface, le périmètre rizicole de Dévé est en tête avec une production d’environ 600 tonnes de riz paddy en 2008. Cette même année 2008, le Conseil Régional des Riziculteurs (CRR) a collecté auprès de ses membres une production de 23 tonnes de paddy et l’ESOP une production de 67 tonnes de paddy. Ces trois structures totalisent donc en 2008 une production de 700 tonnes de paddy. Ces tonnages ne représentent qu’une faible partie de la production totale, car l’essentiel de la production reste inconnue en l’absence de données sur les producteurs non recensés.
D’après nos enquêtes, environ 1800 riziculteurs seraient membres des trois structures organisées dans la filière riz dans le Mono-Couffo. Il s’agit de :
CRR avec au moins 1100 riziculteurs ;
ESOP avec 300 riziculteurs ; et
La coopérative de Dévé avec environ 400 riziculteurs.
Les non adhérents ne sont pas dénombrés et seraient les plus nombreux.
Le Programme d’Urgence d’Appui à la Sécurité Alimentaire (PUASA) projette pour sa campagne 2009-2010 des emblavures pour le riz allant jusqu’à 2672 ha pour 3437 riziculteurs ; soit en moyenne 0,78 ha par producteur contre 0,5 ha par producteur au cours de la campagne 2008 – 2009. Selon nos estimations, le rendement moyen est établi 2350 kg/ha (cf tableau n°4 ci-dessous)
Sur la base de ces statistiques du PUASA, on peut estimer la production annuelle du riz du Mono-Couffo à 6279 tonnes de paddy, soit environ 9% de la production nationale (chiffre de 2007)
Le Mono-Couffo compte actuellement 123 046 ménages agricoles ; le pourcentage des exploitations pratiquant la riziculture serait de l’ordre de 3% (sur la base de 3 437 riziculteurs).
La production nationale de riz couvre approximativement 30% des besoins du Bénin. Le Mono-Couffo n’y contribue que faiblement (de l’ordre de 9%). La riziculture est pratiquée par une très petite minorité des exploitants agricoles du Mono-Couffo (3%) qui cultivent en moyenne 0,78 ha de riz.
Système de production riz dans le Mono-Couffo
La production du riz dans le Mono-Couffo est caractérisée par quatre grands systèmes de production à savoir :
Le système de production de riz pluvial strict,
Le système de production de riz dans les bas-fonds non aménagés ;
Le système de production de riz dans les bas-fonds aménagés ;
Système de production de riz dans les mangroves.
Système de production de riz pluvial strict
Le riz pluvial est en général cultivé sur brûlis, seul ou en association. Il ne reçoit pas de fumure et les densités de semis sont souvent faibles. Les semences sont prises sur la récolte de l’année précédente. Les entretiens sont réduits voire inexistants. La récolte s’apparente à une cueillette. Les rendements sont faibles .moins d’une tonne à l’hectare. Selon les indications de la Recherche agronomiques, Le plateau Adja présente des conditions climatiques allant de favorables à très favorables à la culture du riz pluvial. Dans ces zones tous les sols susceptibles de porter des cultures sont aptes à la riziculture pluviale. Dans le système de production de riz en condition pluvial strict, les femmes se chargent des opérations de sarclage et de récolte. Elles assurent tout le traitement post-récolte.
Ce système de culture est très peu pratiqué. On le retrouve dans quelques villages dans la commune d’Aplahoué comme Dablahoué et Gougouta.
Système de production de riz de bas-fond non aménagé
L’exigence du riz en eau (8 à 12000 m3 soit 80 à 150 m3/heure et par jour ; ce qui représente 1 à 2 l/j/s/ha), oblige à réaliser cette culture dans un milieu humide.
Mettre cette culture dans un milieu tel que défini est la création d’une des conditions de la production du riz. Le rendement obtenu est meilleur à celui du riz pluvial strict de l’ordre de 1,5 à 3 t/ha. Cependant il y a des risques d’inondation, de sécheresse, ou d’une production aléatoire.
Système de Production de riz dans un de bas-fond aménagé
Ce système comporte deux sous-systèmes à savoir :
- Aménagements avec contrôle total de l’approvisionnement en eau ;
- Aménagement avec contrôle partiel de l’eau.
Aménagements avec contrôle total de l’approvisionnement en eau : Le contrôle total de l’approvisionnement en eau s’effectue de deux manières à savoir, l’irrigation par pompage à partir de points d’eau permanents et l’irrigation par gravite en aval de puits artésiens.
Irrigation par pompage à partir de points d’eau permanents : Ce type d’aménagement comporte des casiers planés, (un ou plusieurs) canaux d’irrigation et un petit bassin de réception alimenté par pompage à partir d’un point d’eau permanent.
Possibilités de mise en valeur : Riziculture en saison des pluies et maraîchage en contre saison ou maraîchage toute l’année suivant les caractéristiques pédologiques et hydriques. Riziculture préférentiellement sur les sols à texture argileuse imperméable et utilisation de l’irrigation uniquement en appoint pour sécuriser la production.
Zones concernées : Aménagements réalisables au niveau de bourrelets de berge tout le long du Mono ou le long de petits cours d’eau résumés dans le tableau n°5 ci-dessous.