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Comment les exploitations familiales peuvent-elle nourrir le Sénégal ?

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Comment les exploitations familiales peuvent-elle nourrir le Sénégal ?

La FONGS procède de façon systématique depuis 2000 à des "bilans stratégiques" à mi parcours de la réalisation de ses programmes pour faire le point sur leurs acquis, et éventuellement préparer des réorientations de ses actions. C’est à l’issue du dernier de ces bilans, réalisé en septembre 2008, qu’elle a senti la nécessité de se resituer par rapport au contexte d’ensemble de l’agriculture sénégalaise afin de mieux cerner les enjeux, les risques et les perspectives qui se présentent pour les organisations paysannes.

D’entente avec ses partenaires, la fédération a décidé en décembre 2008 d’entrer à titre expérimental dans une nouvelle démarche d’évaluation : plutôt que d’évaluer les résultats de ses programmes – elle le fait régulièrement par ailleurs –, évaluer ce sur quoi portent ces programmes, c’est-à-dire les réalités du monde rural qui justifient leur existence. En déplaçant ainsi l’angle de vue on cherche à la fois à produire de nouvelles connaissances sur un monde en permanente évolution, à vérifier l’actualité et la pertinence des choix stratégiques de la fédération et à affiner les arguments qui lui permettent de défendre les intérêts des paysans sénégalais et de ses propres membres, enfin à dégager des orientations pour l’avenir qui soient en phase avec les évolutions à promouvoir.

Il fallait pour cela choisir une problématique qui ait une portée stratégique, c’est-à-dire dont les conséquences, selon les réponses qui sont apportées aux questions qu’elle pose, soient déterminantes et substantielles pour le paysan sénégalais et pour le pays (fort impact). La problématique de l’exploitation familiale s’est rapidement imposée pour trois raisons :

  • d’une part l’agriculture familiale1 est la forme de production pratiquée par tous les membres des 31 associations qui constituent la FONGS et par la quasi totalité des paysans sénégalais (95% des exploitations, selon RuralStruc). De façon directe ou indirecte, elle concerne 87,9% des familles sénégalaises (idem). Depuis 1996 la FONGS a mis au point et développé une pratique paysanne d’appui-conseil aux exploitations familiales (le LEFA) pour soutenir l’évolution et la promotion de ce type d’agriculture. Elle a ainsi acquis une solide expérience, mais a peu capitalisé la connaissance des réalités paysannes que sa pratique lui a permis d’accumuler.
  • d’autre part l’exploitation familiale est au cœur du débat sur les formes d’agriculture à promouvoir pour nourrir le Sénégal qui actuellement n’est pas autosuffisant sur le plan alimentaire, et certains pensent que de grandes entreprises agricoles bien dotées en capitaux et mettant en œuvre des technologies de pointe sont mieux à même d’y parvenir que les exploitations familiales, notamment du fait que leur productivité soit plus forte. Mais ce débat est insuffisamment informé : on connaît très mal les caractéristiques actuelles de l’exploitation familiale, et on ignore dans le contexte ouest-africain les performances sur la longue durée des entreprises agricoles à fort contenu en capital guidées par des impératifs de rentabilité, alors que l’on connaît celles des exploitations familiales, guidées par la recherche de la sécurité.
  • Enfin, à la suite de l’étude sur l’exploitation réalisée dans le cadre d’un projet d’appui de la FAO (TCP/SEN 6713 B4), le CNCR a donné mandat à la FONGS pour approfondir la question de l’exploitation familiale et en faire bénéficier le mouvement paysan sénégalais.

Il fallait chercher à faire le point pour y voir plus clair. Le thème précis de l’évaluation était alors trouvé : "évaluer la portée stratégique de la problématique de la productivité des exploitations familiales pour alimenter les analyses, les stratégies et les pratiques de la FONGS et du mouvement paysan"

Publié le mardi 3 août 2010.