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Commercialisation du riz

Connaissance du contexte régionale

La commercialisation du riz localement produit est rendue difficile par la concurrence des importations, la mauvaise qualité du riz local par rapport au riz importé et l’approvisionnement irrégulier des marchés :

  • concurrence des importations  : à qualité égalité égale, le riz importé est généralement moins cher que le riz local et, en plus il a la préférence des consommateurs ;
  • mauvaise qualité du riz local  : due principalement au mélange de plusieurs variétés rendant difficile le décorticage et le calibrage du riz usiné, à la présence d’un grand nombre d’impuretés, résultat d’un mauvais usinage, et à la qualité parfois médiocre de l’emballage ;
  • approvisionnement irrégulier des marchés urbains  : dû à la dispersion des petites unités de production rendant difficile la collecte, à la faiblesse des infrastructures de transport, au coût élevé du transport, au manque d’organisation et au mauvais fonctionnement de la filière et aux pratiques spéculatives en période de soudure.

L’incapacité de l’offre locale à satisfaire ainsi une demande en croissance continue (6% par an), a conduit les Etats à recourir aux importations. Celles-ci représentent, en valeur, plus de 25% des importations totales de nourriture en AOC.

Tous les pays de la zone CMA/AOC sont importateurs de riz. Leurs principaux fournisseurs sont : la Thaïlande, le Vietnam, la Chine, l’Inde, le Pakistan et les Etats-Unis.

Sur une période de trente ans, le volume des importations de riz des pays de l’AOC a été multiplié par six, atteignant presque 3,3 millions de tonnes par an, pour un coût de plus d’1 milliard de dollars américains .

L’augmentation des importations a été très forte entre 1999/00 et 2000/01 en raison de la forte croissance des importations nigérianes qui ont plus que doublé durant cette période. Ce pays constitue le plus gros importateur de la zone CMA/AOC (avec 40% des volumes importés) et le 2e mondial. Il est suivi du Sénégal et de la Côte d’Ivoire avec respectivement 16 et 14 % des importations.

En 2002/03, les importations de riz de la zone CMA/AOC ont été estimées à 4,89 millions de tonnes soit 3 % de plus qu’en 2001/02.

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Pour des raisons liées aux habitudes alimentaires des consommateurs (cas du Sénégal, et quelque peu du Mali) et économiques (faibles coûts), les riz importés ont généralement une grande proportion de brisures (entre 15 et 100%).

La réexportation des importations de riz d’un pays à l’autre est un phénomène courant en AOC. Des pays côtiers comme la Guinée, le Bénin la Gambie ou le Togo pratiquent depuis longtemps l’importation du riz et sa réexportation vers des pays continentaux. On estime à environ 30 296 tonnes les volumes réexportés entre les pays de la CMA/AOC pour 2003/04.

La réexportation du riz est difficile à quantifier car, relevant en grande partie de la fraude douanière. Aucun des pays actifs dans ces pratiques, ne reconnaît son existence, même si des observations de terrains et des études l’attestent. En effet, une étude récente indique que 70% du riz importé au Bénin est réexporté aussitôt vers le Nigeria, soit 70 000 tonnes.

Positionnement du CRR-MC

Le CRR-MC, conscient des problème de commercialisation du riz du Mono-Couffo travaille à l’élaboration et la mise en oeuvre d’une stratégie de commercialisation du riz local. Dans sa démarche, le CRR-MC concentre ses efforts sur la qualité du riz, la présentation du produit et le prix.

Dans ce processus, le CRR-MC est engagé avec différents acteurs dont les principaux sont PROTOS, AFDI, ADF, FAFA, ETD/CIDR et le CCR-B

Publié le mercredi 16 juin 2010.