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Production de riz
1. Le riz
1.1. Caractéristiques générales
Plante des régions tropicales, subtropicales et tempérées chaudes, le riz appartient au genre Oryza (L.) qui comprend 23 espèces parmi lesquelles deux (O. sativa, originaire des tropiques humides de l’Asie et O. glaberrima, rencontré principalement en Afrique de l’Ouest) sont seulement cultivées.
Le cycle végétatif du riz varie de 90 à plus de 250 jours selon les variétés. Cependant la durée peu variable, de 35 à 45 jours de la phase reproductive (de l’épiaison à la maturité), dépend essentiellement des conditions de culture. On notera que la plupart des variétés traditionnelles de riz, sont photosensibles et leur initiation paniculaire nécessite des journées courtes.
Adoptée depuis maintenant plus de 6500 ans, la culture s’est d’abord développée dans les pays asiatiques (Chine, Thaïlande, Cambodge, Vietnam et Inde du Sud) pour s’étendre pas la suite sur d’autres continents.
La plante se caractérise par une grande diversité morpho physiologique de ses écotypes. Cette diversité la prédispose à se développer dans des situations écologiques et des états du sol très variés, allant des conditions sèches à inondées. La plante est aussi tolérante à la chaleur et au froid. Elle pousse également dans des sols salins, acides et alcalins.
C’est néanmoins dans les conditions irriguées, sous des climats secs, que les meilleurs rendements sont obtenus. Les sols, dans ces conditions, devraient avoir une texture argilo limoneuse et être riches en matière organique.
En conditions pluviales, la plante nécessite un sol riche et meuble, avec une bonne capacité de rétention en eau.
Du fait de son petit génome, propice aux manipulations génétiques, le riz constitue une plante modèle pour les généticiens. C’est aussi dans ce sens qu’il faut comprendre que l’amélioration variétale qui le concerne, bénéficie de plus en plus des applications biotechnologiques.
1.2. Utilisations
Aliment essentiel de base ou d’accompagnement en Afrique et en Asie, le riz sert aussi dans l’industrie pour la fabrication d’huile, d’amidon, d’aliments diététiques, d’alcool (saké), de produits pharmaceutiques, etc.
Il est aussi utilisé dans l’alimentation animale sous la forme de paille et de ses différents sous-produits issus de la transformation (brisures, farines, tourteaux). Les balles de riz issues du décorticage, servent de combustibles et de cendres d’engrais.
Par ailleurs, la paille sert aussi comme litière et matière première dans la fabrication de patte à papier ou de papier mural.
2. Place de la culture dans le contexte international
2.1. Etat de la production
Deuxième céréale après le maïs et devant le blé, le riz constitue pour plus d’un milliard d’individus un produit alimentaire de base essentiel. Le volume global de production à la fin du dernier millénaire est estimé à environ 410 millions de tonnes de riz usiné.
Pour les années 2001, 2002 et 2003, les estimations donnent respectivement, 400, 387 et 593 millions de tonnes. La baisse de 2002, s’explique principalement par la réduction des surfaces rizicoles dans certains pays d’Asie orientale et méridionale du fait de la forte pression pesant sur les facteurs terre et eau.
Pour 2004, les donnés de prévisions de la FAO indiquent une nette amélioration de la production estimée à 612 millions de tonnes de paddy, soit près soit 3,2 % de plus que la campagne 2003/04.
Les augmentations attendues des productions de la Chine (continentale), l’Indonésie, les Philippines, les États-Unis et le VietNam, favorisées par la revalorisation des prix internes incitant les producteurs à accroître leurs surfaces rizicoles, expliquent l’importance de ce volume. Il s’y ajoute qu’en Chine, il est attendu une reprise grâce à une plus grande utilisation des variétés hybrides.
Le continent asiatique constitue à plus de 90 % le premier pôle de production du monde. Ainsi, la Chine et l’Inde, où vit plus du tiers de l’humanité concentrent aussi plus de 56 % de la production du riz. Hors de ce continent, le Brésil et les USA sont les deux plus grands pays producteurs.
L’évolution de la production mondiale montre une croissance sensible et assez régulière. Elle est liée presque exclusivement à l’augmentation de la production en Asie méridionale et orientale. Cependant, à l’intérieur de cet ensemble, les évolutions ne sont pas homogènes. Généralement la production asiatique est croissante à l’exception du Japon. Cependant, la baisse de la production, commence à toucher certains pays comme la Chine, premier producteur. Ceci, en raison d’une réduction des surfaces cultivées en riz du fait d’une pénurie d’eau et de la concurrence des cultures oléagineuses plus rentables. Malgré cela, la production de riz continue à être vitale dans tous les pays de la région.
2.2. Etat des échanges internationaux du riz
Les Etats-Unis exceptés, les plus gros consommateurs de riz sont ceux qui en sont aussi les gros producteurs. Du fait de la place stratégique du riz et de l’importance des populations des pays concernés, les politiques mises en œuvre consistent généralement à rendre le produit accessible aux consommateurs tout en assurant aux producteurs un revenu avantageux. Ces politiques se traduisent généralement par un interventionnisme des Etats, qui font du riz l’un des produits agricoles les plus protégés, avec la mise en place de mesures tarifaires et non tarifaires spécifiques. Le niveau élevé de protectionnisme fait que le produit s’échange très peu sur le marché international et les échanges mondiaux sont estimés à environ 25 à 27 millions de tonnes, soit 5 à 6 % de la production mondiale. Le marché du riz est dès lors le plus petit des grandes céréales.
L’Extrême-Orient reste le principal pôle d’importation et d’exportation avec 35% des importations mondiales et environ 75% des exportations. Les plus gros importateurs, en valeur, sont l’Indonésie, le Bangladesh, le Nigeria, les Philippines, l’Irak et le Brésil. On distinguera deux groupes de pays exportateurs de riz :
les exportateurs réguliers et structurels, dont la production est en grande part destinée à l’exportation ; il s’agit principalement de la Thaïlande, la Chine, le Vietnam, l’Inde, les Etats-Unis et le Pakistan qui représentent à eux seuls plus de 80 % des volumes échangés ;
les exportateurs occasionnels (Indonésie, Inde, Chine) pour qui, le marché mondial sert à la régulation interne de celui de leurs pays où ils s’approvisionnent durant les années déficitaires, ou écoulent les excédents de production en années fastes.
Les prix internationaux du riz connaissent de fortes fluctuations du fait de l’étroitesse du marché et des variations des qualités et quantités de riz disponibles. Ces prix ne sont pas liés aux coûts de production et ne sont pas régulés par le marché car étant fortement subventionnés.
Dans le premier trimestre de l’année 2004, les cours mondiaux sont restés globalement fermes du fait de la faiblesse des disponibilités exportables, combinée à la demande soutenue des importateurs asiatiques.
Pour l’année 2004, le commerce mondial a baissé, passant à 26,1 millions de tonnes contre 28 millions en 2003. Cette baisse s’explique en grande partie par la diminution des importations des pays asiatiques et sud-américains qui ont enregistré une amélioration de leurs productions du fait des conditions climatiques favorables et de l’accroissement des surfaces rizicoles.
Pour l’année 2005, les premières prévisions de la FAO suggèrent, par rapport à 2004, une baisse avoisinant 900 000 tonnes, soit un volume d’échanges d’environ 25,2 millions de tonnes. Cette chute résulterait essentiellement de l’offre limitée dans certains grands pays exportateurs, notamment la Thaïlande, l’Inde et l’Uruguay.
2.3. Consommation
Une grande partie du riz produit est autoconsommée. En 2003, la consommation mondiale de riz est estimée à 412 millions de tonnes et les stocks de fin de campagne à 85,1 millions de tonnes (USDA Rice Outlook, août 2003), ce volume de stock constituant le niveau le plus bas depuis la campagne 1983/84.
Pour 2004, la consommation humaine devrait atteindre un volume record de 418 millions de tonnes.
Les grands pays consommateurs de riz sont : la Chine, le Bengladesh, l’Inde, l’Indonésie et le Vietnam.
Selon la CNUCED, la consommation mondiale de riz a cru de 40% au cours des trois dernières décennies passant de 42 à environ 60 kg/habitant/an (en équivalent riz usiné).
On distingue trois modèles de consommation : asiatique (Chine, Indonésie, Myanmar) pour une consommation moyenne dépassant 80 kg/hab./an ; "PVD subtropical"(Colombie, Brésil, Côte d’Ivoire) pour une consommation moyenne entre 30 et 60 kg/hab./an ; occidental (France, Etats-Unis) pour une consommation inférieure à 10kg/hab./an .
Au cours des dernières années la consommation de riz a tendance à supplanter la production, entraînant ainsi la compression des stocks mondiaux. Ainsi, selon le dernier rapport de la FAO sur les perspectives alimentaires, les stocks mondiaux de riz devraient régresser en 2004/05 pour la cinquième année consécutive.
