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Atelier sur la démarche qualité au Bénin

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Le 21 et 22 Juin 2012 a eu lieu à la FUPRO-BENIN, un atelier d’échanges et de réflexion sur la démarche qualité au Bénin. Cet atelier a réuni les Organisations Paysannes, les institutions étatiques et d’autres acteurs impliqués dans la démarche qualité au Bénin, autour d’une importante question qu’est la valorisation des produits locaux par la qualité et l’origine. Les principaux objectifs de cet atelier sont :

  1. partager les expériences des OP avec les acteurs publics impliqués dans la démarche qualité,
  2. informer les membres des OP promotrices des produits agricoles locaux du cadre juridique de la démarche qualité au Bénin et enfin,
  3. mener ensemble des réflexions sur la création d’un cadre institutionnel favorable au développement et à la promotion des produits agricoles locaux.

L’ouverture de l’atelier a été marquée par les allocutions Monsieur Lionel GUEZODJE, président de la FUPRO, Madame Samia PELLETIER, représentante AFDI, Monsieur TOTO Bernardin, Secrétaire Permanent de la PNOPPA et Monsieur Euloge VIDEGLA, responsable point focal des IG au MAEP

Plusieurs présentations ont marqué l’atelier. il s’agit notamment de :

  • Présentation des ambitions des organisations agricoles en matière de qualité et nécessité d’un dialogue Etat-OP, Par Toto Bernardin Codjo, Secrétaire Général PNOPPA
  • Présentation du contexte de définition des normes de qualité générique au Bénin, Par Mama Sika Youssouf, Agronome Qualiticien Métrologue, Chef Service Certification ABeNOR
  • Présentation des institutions de contrôle externe et de suivi des produits au Bénin : rôle, sanctions Par Robert Métohoué, Technologue Alimentaire à la DANA
  • Présentation des expériences des producteurs promoteurs de produits de qualité Six produits de qualité « Made in Benin » ont été présentés. Il s’agit :
    • de deux produits potentiellement biologiques (Ananas bio de RePAB et le coton bio de HELVETAS Swiss Intercooperation Bénin) ;
    • de deux produits potentiellement IG (l’huile AGNOLIMI de et le poulet ZADO de ACEZ/ UCP-Zokpodomey)
    • d’un produit potentiellement marque collective (riz étuvé de LDLD),
    • d’un produit potentiellement marque commerciale (RIZNO du CRR MONO-COUFFO).
  • Le « consommer local », un message inscrit dans le patrimoine culturel béninois Présenté par M. Gabin Djimassè, président de la commission du patrimoine de développement touristique d’Abomey
  • La qualité au Bénin : Quo Vadis ? Présentation de Monique Bagal, Doctorante Université Lyon 3, chargée du diagnostique de la relation du poulet Zado avec son territoire.
Les recommandations de l’atelier

Avant la clôture de cet atelier les recommandations suivantes ont été retenues et homologuées en plénière :

Compte tenu de l’intérêt de l’Etat béninois pour les démarches qualité du fait des enjeux économiques, sociaux et politiques attachés à ces dernières, l’Etat doit assurer la communication et la sensibilisation :
  • des producteurs sur les outils de la qualité et les démarches associées afin de clarifier les services que peuvent proposer les acteurs institutionnels (DANA, ABENOR, MAEP, ANAPI, ABSSA, Chambres d’agriculture etc.).
  • des consommateurs : sur les démarches qualité existantes au Bénin. La création d’un logo national renvoyant chaque démarche de qualité est envisagée. Cette diffusion s’appuierait sur des supports accessibles au plus grand nombre (affiches, émissions radio et télévisée, dépliants, site web, et tout autre moyen).
  • Compte tenu de l’inexistence d’une véritable politique de la qualité au Bénin, l’état doit appuyer la création d’une Plateforme Nationale multi-acteurs d’échanges sur la qualité et ce afin de parvenir dans un premier temps à :
  • Proposer les orientations générales d’une politique qualité au Bénin (=> intégrer dans une loi ou décret [s’inscrire dans la durée])
Réfléchir à une cellule de coordination de la qualité à l’instar de l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (France). Ceci implique d’élargir la catégorie des signes de qualité en créant notamment un « label agricole » destiné à récompenser la bonne qualité d’un produit.
  • Préciser le rôle des autorités déconcentrées dans la mise en œuvre de la politique de qualité.
  • Réfléchir à partager les responsabilités entre Etat, personnes privées, et OP nationale en matière de contrôle externe.
  • Capitaliser, rassembler et diffuser les bonnes pratiques en matière d’études de marchés par les producteurs et leurs techniciens.
Compte tenu du constat d’asymétrie entre les efforts des producteurs sur la qualité et l’information de ces derniers en matière d’outils de valorisation de leurs produits, les OP doivent désigner en leur sein, une OP nationale ou faîtière qui jouera le rôle de cellule-pilote de structuration des efforts des producteurs en matière de qualité sur les produits agricoles. Cette dernière veillerait de manière rapprochée à :
  • les informer et les sensibiliser sur l’intérêt des démarches qualité et la mise en œuvre de ces dernières. Cette action est une incitation à mieux connaitre le produit et opter, lorsque cela est possible, pour la spécialisation des acteurs sur une production
assurer un appui technique de proximité aux organisations paysannes souhaitant se lancer dans une démarche de qualité (documentation, conseil juridique, Accès à fiches techniques, redirection vers les mécanismes existants au niveau de l’Etat etc.) ;
  • renforcer la connaissance des producteurs sur les attentes du marché pour identifier les progrès à renforcer ;
  • catégoriser le segment de consommateurs pour chaque label de qualité (marque, IG, bio etc.)
Compte tenu du frein que constituent les coûts des démarches de qualité dans les initiatives des producteurs, l’Etat doit :
  • Soutenir/alléger les coûts de la démarche qualité pour la rendre accessible aux OP.
  • Faciliter la libre circulation des produits locaux de qualité
  • Appuyer la mise en place des équipements de transformation et infrastructures marchants.
  • S’impliquer dans le contrôle externe pour le faciliter et éventuellement réduire les coûts du contrôle externe.
  • Envisager un dispositif de subventionnement des produits de qualité.
Compte tenu de la nécessité attestée par l’Assemblée, de créer des synergies avec « les acteurs externes » (recherche universitaire, commerçants, partenaires techniques et financiers) dans les démarches de qualité, il a été convenu qu’il faille :
  • Responsabiliser les producteurs afin qu’ils veillent à garantir la qualité, la disponibilité des produits et le respect des engagements contractuels.
  • Solliciter l’aide des Partenaires Techniques et Financiers pour appuyer les producteurs dans le contrôle interne.
  • Mettre en place un fond compétitif pour la recherche sur la qualité.
  • Veiller à ce que les circuits de commercialisation soient plus courts.
  • Créer un cadre d’Arbitrage entre acteurs de la filière pour une distribution équitable de la valeur ajoutée.

Publié le mardi 26 juin 2012.