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Ayaba Coffi donne son opinion sur la filière

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CRR-MC : Bonjour Madame, dans le cadre des actions de communication que nous développons, le Conseil Régional des Riziculteurs du Mono-Couffo se fait le plaisir de tendre ses oreilles à vous, acteurs de la riziculture dans la région du Mono-Couffo pour recueillir vos avis sur quelques questions utiles de la vie de l’organisation et de ses acteurs. Nous vous avons pressenti pour donner un aperçu du regard que vous portez sur la filière riz dans la région.
Pourriez-vous nous parler de vous ?

Ayaba Coffi : Je suis Ayaba. Je suis née de Coffi Jean et de Zannou Houénoussi à Athiémé (département du Mono) vers 1965. Domiciliée actuellement à Tinou, arrondissement de Koudo, commune de Lokossa, je suis rizicultrice, productrice de la semence de certifiée.

Par ailleurs, je suis trésorière du conseil d’administration de l’union communale de riziculteurs de Lokossa et membre du conseil d’administration du conseil de concertation des riziculteurs du Bénin.

A la faveur du forage artésien qui a été réalisé dans le village de Tinou Hounsa en 1994, un grand potentiel de production du village a été mis en évidence. Ce forage coule en permanence, et induit de grandes pertes d’eau. Dans le but de la valorisation de cette eau, un aménagement rizicole a été fait à proximité du forage en 2005 avec l’appui de l’ONG PROTOS, l’UDP Mono-Couffo et la Mairie de Lokossa. Avec cet aménagement, la riziculture a connu un nouvel essor et une impulsion d’un groupement dénommé ‘’Wangnidékon’’. Ce groupement compte 28 membres dont un homme.

CRR-MC : Pourquoi le choix de la production rizicole ?

Ayaba Coffi : La riziculture est longtemps restée dans la perception des agriculteurs du Mono-Couffo comme une activité trop contraignante. Seul quels paysans assez courageux et disposant de terres appropriées s’y adonnaient. Mon époux et moi avons depuis toujours fait l’option de la valorisation du potentiel foncier dont il disposait pour nous engager dans la riziculture. Le forage et l’aménagement des terres en aval ont été par la suite des facteurs motivant plus forts. Il faut en suite considéré qu’au-delà de la valeur marchande du riz, il s’agit d’une denrée alimentaire de grande importance dans la nutrition des populations de la région.

CRR-MC : La production rizicole est-elle un métier permettant de se prendre en charge ?

Ayaba Coffi : La production rizicole est un métier qui permet de me prendre en charge. En effet, lorsque le producteur s’applique à respecter les prescriptions de l’itinéraire technique, il peut obtenir des rendements qui récompensent bien ses efforts. Mais c’est à compter avec les aléas climatiques et de l’approvisionnement en intrants. Dans de telles conditions, la riziculture rémunère convenablement son producteur.

CRR-MC  : Quel est votre point de vue sur l’organisation actuelle de la filière riz en occurrence le développement des organisations professionnelles agricoles dans le filière ?

Ayaba Coffi : L’OP rizicole de base au sein de laquelle je milite se porte bien. Elle travaille constamment à répondre aux sollicitations de ses membre en matière d’approvisionnement en intrants et en pour la mise en marché des denrées. Dans ce cadre, elle se fait assister de ses faitières aux niveaux communal et régional. Il n’en demeure pas moins que certaines attentes des producteurs sont encore insatisfaites notamment celles relatives aux aménagements des bas fonds. Au niveau de la vie générale de l’organisation, il faudra plutôt se féliciter de l’engagement de plus en plus accru des producteurs à l’animation de la vie associative et à la productivité de la réflexion constructive.

CRR-MC : Quelles propositions pour le développement de la filière pourriez-vous faire au regard de la réalité que vous vivez dans la dynamique organisationnelle paysanne au Bénin ?

Ayaba Coffi : Le développement de la filière riz sera le résultat de différentes actions des producteurs et des acteurs d’appui. Il s’agit en particulier de la mise en œuvre d’actions d’aménagement de sites de production rizicole, la facilitation de l’accès à différents facteurs de production tel que les équipements, les intrants et le financement des campagnes de production. Par ailleurs, la facilitation de l’accès au marché du riz local sera une opportunité forte pour tirer vers le haut les résultats de divers efforts fournir au niveau de la production

CRR-MC : Quelques conseils pour les riziculteurs

Ayaba Coffi : Dans la perspective de la professionnalisation des riziculteurs, il est important que les producteurs de riz d’aujourd’hui travaillent à se professionnaliser et à développer une réelle dynamique associative.

Publié le dimanche 3 juillet 2011.